Il y a quand même un bon nombre de choses qu’on apprend pas à l’école, mais qu’on devrait pourtant !

Les bases

Oui, c’est basique, mais je pense vraiment que l’école, l’école primaire, devrait avoir pour objectif primaire justement, d’apprendre à tous les bases de notre vie moderne :

Lire, écrire, compter, nager

Il y a encore trop d’enfants qui sortent de l’école sans savoir lire ou écrire correctement.

Nager… Disons que la noyade est l’une des raisons de mourir les plus connes qui soient à mon avis. C’est tellement évident que je n’arrive pas à le justifier justement !

Faire la cuisine

La France… La meilleure cuisine du monde selon certains !

Pourtant, combien de français savent vraiment faire la cuisine ?
Ce serait aussi très important pour prendre soin de sa santé. Savoir quoi manger et en quelle quantité.
Je pense qu’en fait cet enseignement devrait être fait en petits groupes, commencer assez jeune, très progressivement, à l’école primaire en préparant les repas du groupe en question. Ce serait un bon moyen de rompre la barrière des genres, d’enseigner le respect des règles de sécurité, le travail en groupe.

La cuisine c’est pour les filles…

Si les jeunes garçons apprennent dès l’âge de 10 ans à faire la cuisine, à côté de jeunes filles, les remarques de ce genre diminueront très rapidement.

Ce sera très utile plus tard aussi dans ce domaine ! Rappelez-vous les gars : les filles résistent difficilement à quelqu’un qui sait faire la cuisine !

Santé

Justement, puisqu’on parle de nourriture, il faut aussi parler de santé (ça m’est venu à l’esprit puisque je fais beaucoup de vélo pour me déplacer, mais je ne sais pas si mon régime alimentaire est adapté). Quoi manger et à quelle date.

Pendant l’hiver, mange des oranges, t’éviteras la grippe !

Sauf que personne ne le dit ça !

La santé est un sujet qui est effleuré en cours de sciences/biologie/quelque-soit-le-nom, mais c’est loin d’être suffisant.

Approfondir un peu le sujet et fournir des sites web bien conçus avec l’avis de médecins, de diététiciens, comme ça, quand il y a vraiment besoin, on sait où chercher (autre chose que Doctissimo).
De cette façon, on pourrait s’appuyer davantage sur l’auto-diagnostic et l’auto-médication pour soigner tous les petits trucs de la vie quotidienne, qui fournissent la majorité des visites chez le médecin.

Informatique de base

Oui, apprendre les bases de l’informatique.

  • Qu’est-ce qu’un ordinateur.
  • L’internet, le web, le mail.
  • Adresses internet : en fait, ip et dns.
  • L’hygiène numérique.
  • Le chiffrement, https, ssl/tls et openGPG.
  • Apprendre à ce servir d’un tableur plutôt que d’Excel. (Oui, je sais, c’est stupide que les gens s’attachent au nom du programme alors que les fonctions sont les mêmes.)

Certains diront que c’est beaucoup. Oui. Ils ont raison.
En même temps je pense que le web constitue l’Agora d’aujourd’hui et de demain : un espace de liberté d’expression et de démocratie. C’est ici que se déroulent les révolutions, les évolutions sociales, que s’écrivent les pensées subversives, de quelques bord qu’elles soient. C’est ici que se fondent les entreprises de demain, qui feront chuter les vieux monopoles sclérosés d’aujourd’hui.

Comment peut-on s’exprimer, maîtriser le web si on ne sait ce qu’est une adresse internet ? Comment peut-on se connecter de manière sécurisée à sa banque en ligne si on ne maîtrise pas tout ça ? Comment proteger sa vie privée et celle des autres si on ne protège pas ses communications électroniques ?

Je ne parle même pas du spam, du scam, des montagnes de courriels de phising qui ne résistent pas deux minutes à un peu de logique de base et qu’on pourrait stopper en deux coups de cuillère à pot avec une config’ web correcte.

Oui, mais ces outils ne servent à rien si l’utilisateur ne sait pas s’en servir, ne sait pas interpréter ce que son ordinateur lui dit.

La fameuse erreur ou interface chaise-clavier.

Même ici, au Danemark, le Royaume Technologique, la Société en Réseau, nombre de gens maîtrisent mal l’outil informatique !

Deux langues étrangères

Les français sont des buses en langues étrangères, et ça nous fait du tord à l’étranger.

Il est pourtant possible d’apprendre bien l’anglais et d’autres langues sans faire du tord au français. Ça donne aussi une bonne ouverture sur le monde.
Ce serait déjà positif de ne pas décourager ceux qui sont motivés à le faire (vécu : j’étais très souvent l’un des seuls qui soit motivé à faire de l’anglais, les autres répétant à longueur de temps que de toute façon, ça ne servait à rien.) !

Pourquoi n’apprend t-on pas l’espéranto, puis l’anglais ? L’espéranto est une langue propédeutique : elle facilite l’apprentissage d’autres langues étrangères.

Avec ça, l’ajout d’une troisième langue au collège puis au lycée serait facile.

Le Droit

Le Droit est un domaine complexe, mais fondamental dans notre société. Fondamental dans tous les sens du terme d’ailleurs: invisible, en arrière-plan, peu compris, mais essentiel car il soutient beaucoup de pans, d’éléments de la société.

C’est sûr, c’est abstrait, mais si on ne donne pas ces bases en droit, il n’est guere surprenant que les débats sur la réforme constitutionnelle suscitent peu d’intérêt au sein du grand public.

Avec des notions de base en Droit, on permet à tous de chercher quels sont justement leurs droits. Droit du travail, droit personnel… On ouvre aussi par la même occasion sur la politique et la démocratie.

Au passage, le Droit actuel est rédigé par des juristes. Et il s’adresse surtout… à des juristes. C’est donc bien eux qui ont le pouvoir, puisque c’est eux qui comprennent comment utiliser le Droit.

Il faudrait très certainement alléger le Droit. Plus léger, donc moins complèxe. Plus compréhensible donc plus accessible par le grand public. En définitive plus démocratique.

Il sera peut-être moins protecteur. Mais dans le même temps il sera sûrement plus utilisé par ceux qu’il est sensé protéger. Et c’est ça qui est positif.

Reprise du paradoxe de la moquette : si ton outil est incompréhensible et oppressant, il ne sera pas utilisé, quand bien même l’utilisateur y aurait intérêt.

Les gestes de premières secours, quoi faire en cas d’accident, d’incendie

De la même manière qu’il est stupide de mourir de noyade quand on peut apprendre à nager, il est idiot de ne pas savoir quoi faire pour sauver quelqu’un qui se noie !

Une bonne part des accidents domestiques ou de travail pourraient bien mieux se terminer si on savait quoi faire. Cet apprentissage est également très rapide. Cela devrait également comprendre une explication des bonnes pratiques en cas d’incendie, par exemple.

Quelques gestes d’auto-défense

La société ne devrait pas être violente, c’est entendu. Mais en attendant ce doux rêve, on peut déjà apprendre aux victimes potentielles à se défendre elles-mêmes. Voire à défendre d’autres personnes.

Je pense ici particulièrement aux femmes (qui sont les premières victimes de violences de toutes sortes, du viol au vol à l’arraché).

Tout ça ?

Oui, sûrement tout ça, et même plus. Il s’agit en fait d’augmenter le niveau de culture générale, de l’adapter à notre société, notre mode de vie tout en rendant l’individu plus autonome.

Je ne dis pas que nous devons tous savoir tout cela. Ce ne serait sûrement pas possible d’ailleurs. Déjà que beaucoup ont des problèmes avec l’école et cherchent à s’en barrer le plus tôt possible.

Une masse critique

Mais que 10 % de la population ait une bonne maîtrise de base d’internet, ce serait un pas énorme.

Idem de l’auto-défense. 10 % de la population qui sait se défendre, c’est aussi 10 % de la population qui est prête à défendre quelqu’un d’autre : le petit rachitique, la femme qui marche seule dans la rue, la mamie accrochée à son sac à main.

Le Droit ? 10 % de la population qui connaît les bases du Droit, ça veut dire 10 % qui peuvent donner des conseils de base (où chercher ? Auprès de qui porter plainte si tu le souhaites ?…) à quelqu’un qui en a besoin.

Avec une masse critique suffisante, un de vos voisins, une personne à côté de vous, un ami aura la compétence dont vous avez besoin maintenant. Si ce n’est vous.

Apprentissage tout au long de la vie

Cela signifie aussi qu’il est certainement nécessaire de développer, d’encourager l’auto-apprentissage, et l’apprentissage tout au long de la vie (un bon moyen de permettre à ceux sortis sans qualification du système scolaire, de pouvoir à nouveau recevoir une formation et ainsi évoluer, professionnellement et personnellement).

Il faut aussi valoriser davantage cet apprentissage, via les VAE (Validation des acquis de l’expérience). De trop nombreuses entreprises n’accordent pas assez d’importance aux compétences «hors-diplôme» de leurs collaborateurs. Ansi de nombreuses personnes n’essayent pas, n’envisagent pas de suivre une formation quand ils sont au chômage. On considère très mal en France la formation continue (parce qu’elle est très mal organisée sûrement).

Il faudrait aussi sûrement faire des rappels de temps en temps. Par exemple les gestes de premiers secours.

Le permis de conduire aussi. Je n’en ai pas parlé parce qu’on a pas tous besoin de cela. Mais je m’étonne qu’une compétence aussi dangereuse ne soit pas contrôlée régulièrement ! Après tout, les voitures et camions sont eux bien vérifiés régulièrement au contrôle technique.

Les ingénieurs qui conçoivent des ponts doivent fournir des preuves de calculs dans tous les sens. Calculs qui sont vérifiés, passés au crible. Les médecins doivent passer régulièrement des tests pour pouvoir pratiquer.

Mais la conduite automobile ? Non ! T’as ton permis à vie !

Il meurt pourtant plus de personnes d’accidents de la route que d’effondrements de ponts !

Mais aussi repenser la pédagogie

Peut-être faut-il remettre en cause certains cours.

Par exemple j’ai eu trois cycles de cours d’histoire : à l’école primaire, au collège, au lycée. Ais-je besoin de passer trois fois dessus pour retenir la leçon de Clovis et du vase de Soissons ? D’autant plus que l’histoire apprise est très Franco-centrée : La France, un peu d’Occident, très peu du reste du monde. Comment comprendre la Chine avec ça ?

Peut-être supprimer l’histoire à l’école et davantage faire de langues (puisque c’est à cet âge que l’apprentissage des langues passe le mieux).

J’ajoute que de bonnes techniques pédagogiques permettent d’apprendre plusieurs choses à la fois, alors qu’aujourd’hui, les enseignants envisagent l’élève comme un bocal avec un entonnoir dans lequel il faut faire passer le plus de choses, une par une.

Le judo et les autres arts martiaux, qui font partie de l’auto-défense, sont aussi une école du respect de soi et des autres.

Le travail en groupe, assez peu utilisé en France, permet aussi d’apprendre le respect de l’autre, l’écoute de ses opinions, la réflexion, et donc ultimement, le débat et la démocratie. J’ajoute que le travail de groupe permet de s’entraider les uns les autres, utilise l’intelligence collective, c’est à dire l’intelligence de chacun, quand l’enseignement actuel se focalise sur «Le maître donne, l’élève absorbe.» Le travail de groupe permet aussi au professeur de se délester d’une partie de son travail sur les élèves les plus intelligents (même chose que quand les parents disent à l’aîné de surveiller sa petite sœur finalement…), de se concentrer sur ceux qui ont le plus de mal.

Plus vous enseignez aux autres, plus vous apprenez !

Plus d’options, plus d’individualité

Autour d’un bloc central fort, qui prendrait quand même la majorité du temps d’apprentissage, on devrait permettre d’avoir beaucoup d’options pour approfondir les notions découvertes ailleurs en cours (je reprends ici l’idée évoquée plus haut : apprendre à plein de monde plein de choses différentes, pour disperser les compétences dans la société). Il faudrait sûrement organiser ces options avec les clubs et associations locales.

Le sport tient ! À mettre en option (ainsi que les trucs artistiques), pour arrêter de faire souffrir tous ceux qui en fait, sont trop chétifs, n’ont pas l’esprit de compétition…