Du salaire à vie au revenu social25 minute(s) de lecture

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Nous vous proposons ici une tribune de Marie-Louise Duboin, fille de jacques Duboin, grand contributeur à la théorie de l’économie distributive.

Ce n’est pas une révolution que nous sommes en train de vivre depuis des décennies, c’est, plus précisément, une fin de civilisation… mais qui résiste avec une violence aveugle, devenue mondiale : la guerre de tous contre tous n’épargne plus grand monde.

Parce qu’il y a lieu de craindre que ce conflit aboutisse à l’extinction de la race humaine, aussi inexorable que fut celle des dinosaures, faut-il renoncer à tout espoir que l’humanité s’en sorte, qu’elle sache mettre à profit son intelligence pour s’ouvrir à une civilisation moins violente, moins inégale, et vivre en paix dans une nature généreuse qui lui offre encore tant de possibilités…? Car l’actualité, telle qu’elle est présentée par les grands médias dits d’information, apporte chaque jour de nouvelles raisons de désespérer de nos “responsables” politiques.

Après les avoir élus sur de belles “promesses de campagne“, les citoyens ont le sentiment que leurs “décideurs”, aux plus hauts niveaux, ont un bandeau sur les yeux, qui les rend aveugles aux réalités et inconscients des conséquences de leurs décisions pour les populations dont ils ont sollicité le mandat. Le nombre des abstentionnistes aux diverses élections augmente donc, si bien qu’un élu peut n’avoir été désigné que par à peine un ou deux électeurs sur dix inscrits, c’est leur façon de manifester leur refus de choisir des représentants qui, puisqu’ils ne défendent pas leurs intérêts, ne les représentent pas.

La démocratie politique n’est plus qu’un leurre, pourquoi ?

Alors pourquoi la démocratie politique est-elle ainsi devenue un leurre ? Tout simplement parce que “faire de la politique” est devenu une profession. Une profession lucrative, très honorifique, et conférant tant d’avantages de toutes sortes que le seul objectif poursuivi par ces “professionnels de la politique” est devenu… leur propre carrière.

Et cette ambition ne passe pas que par de beaux discours, soigneusement préparés par d’autres professionnels. Elle les pousse à des alliances provisoires, à des compromis et à des retournements sans scrupule, voire à des malhonnêtetés, au point que beaucoup semblent certains de leur impunité, comme s’ils estimaient que leur fonction les place au-dessus de la loi… qu’ils sont chargés de faire respecter pour qu’elle soit la même pour tous !

Le pouvoir de l’argent est plus fort que leur vocation

Il ne faut donc pas s’étonner en apprenant que tels ou tels “responsables” se révèlent corrompus ! Il n’y a pas qu’au Brésil ou aux États-Unis que la pression exercée par les serviteurs de l’argent est bien plus efficace que la vocation à défendre les plus pauvres (lesquels, trop souvent, passent dans le camp opposé dès que leur condition matérielle s’est un peu améliorée, mais c’est une autre histoire…) !

En Europe, l’exemple le plus frappant de ce à quoi mène le pouvoir de l’argent est le sort infligé à la Grèce par ses créanciers : ils continuent de la harceler de façon révoltante, rien, ni personne, pas même une consultation démocratique ne les arrête, ils ne cesseront pas de la piller tant qu’il y restera quelque richesse dont ils puissent encore prendre possession.

Nous n’en sommes pas à ce stade en France, mais la détérioration des services publics (santé, éducation, transports, recherche, courrier, etc.) n’a pas de cesse, inutile d’y revenir encore, tant c’est évident. Depuis des décennies, nous avons eu maintes occasions de signaler dans ces colonnes les néfastes conséquences soit des traités signés au niveau européen contre la volonté exprimée par la population ou sans son accord, soit de décisions prises à Bruxelles avec l’approbation de nos “représentants”.

La politique menée depuis quatre ans par un gouvernement qui (et c’est le comble !) se dit “de gauche” continue dans le même sens. Ce n’est pas son récent retournement apparent vis-à-vis du TAFTA qui peut faire illusion, les négociations se poursuivent toujours dans le même secret inadmissible.

Récemment, un espoir a pu naître quand, à l’issue d’une longue et sérieuse enquête au niveau mondial, la fraude des “Panama papers” a été dévoilée au public. Il fallait d’urgence une loi efficace.

On s’attendait donc à ce que les gouvernements réagissent vite et bien contre une frauduleuse organisation qui prive leurs budgets de tant de milliards !

Ils allaient enfin prendre des mesures efficaces contre cette opacité de la gestion des multinationales qui les aide si bien à frauder le fisc…! Hélas on a appris que ce sont des lanceurs d’alerte, des journalistes qui ont révélé ces fraudes qui sont poursuivis en justice !

Après le soutien aux banques imprudentes, après les aides financières aux grosses entreprises, toujours avec l’argent des contribuables, les niches fiscales restent bien protégées. Et de nouvelles offensives contre les populations qui en font les frais se poursuivent. Maintenant c’est le tour du code du travail d’être remis en question.

Trop, c’est trop

Nos “responsables” ont entrepris de réformer la loi qui protégeait les travailleurs, de façon à faciliter les licenciements. Ils osent même affirmer que cela va permettre de créer des emplois. Mais à qui prétendent-ils faire croire que des patrons vont créer des emplois dont ils n’ont pas besoin ?

Après le “Pacte de responsabilité”(!), après des milliards d’exonérations fiscales, après la loi Macron, l’ANI (…voir GR 1142, 1162 etc.), cette politique de l’offre a montré ses effets et quels sont les intérêts qu’elle soutient aux dépens d’une large majorité de la population.

Il y a même des députés qui l’ont compris et qui osent le dire. Mais s’ils refusent cette loi “Travaille !”, le gouvernement semble prêt (aujourd’hui 9 mai quand j’écris) à la faire passer de force par le “49-3”, comme il l’a déjà fait pour la loi Macron ! On se demande même si, ensuite, le PS ne va pas exercer un véritable chantage sur les élus qui ne peuvent pas approuver cette politique, pour qu’ils se taisent, afin de prouver «la cohésion du parti au pouvoir» ? Et si ces derniers accepteront pour garder le soutien du parti à leur carrière ?

Tous debout ?

Apparemment, une limite de ce qui est tolérable en matière de démocratie politique semble avoir été dépassée, car cette proposition de loi a déclenché une vaste manifestation de ras-le-bol.

La contestation citoyenne a entrepris, puisqu’elle n’a pas d’autre moyen de se faire entendre, de s’exprimer par des réunions publiques et pacifiques, sous l’appellation Nuit debout, place de la République à Paris.

Elle est tellement motivée qu’elle s’est vite étendue dans les grandes villes.

Et il y a plus. Elle va maintenant plus loin que la critique de cette forme “moderne” (!) de la politique, de ce refus qu’une “élite“ décide contre la volonté populaire. Elle se transforme en expérience de démocratie réelle ! Jusqu’à oser élaborer une alternative ! Et comme les questions qu’elle soulève dépassent les frontières, puisque la même politique sévit partout, le mouvement s’étend au-delà…

L’espoir pourrait-il naître ?

La réaction

La réaction du gouvernement contre Nuit debout est significative : il fait tout ce qu’il peut pour freiner cet élan, en s’aidant de la peur provoquée par les attentats et la déclaration d’état d’urgence déclarée à leur suite. Les témoignages abondent sur les méthodes employées pour intimider et décourager ceux qui osent aussi intelligemment manifester leur volonté de ne plus être méprisés. L’un de ces témoignages, rendu public par L’Humanité sur internet, est celui d’un Gardien de la paix au renseignement territorial, le secrétaire général de la CGT police, qui «raconte les coulisses de la violence». Il est évidemment impossible d’aller vérifier, mais avec de telles références on ne peut pas douter de ce qu’il décrit en dénonçant «une volonté délibérée de dégoûter les manifestants».

Alors, quand les grands médias d’information insistent sur la présence de casseurs qui font d’énormes dégâts autour des manifestants, on ne peut que se demander qui sont et d’où viennent ces casseurs et comment ont-ils pu arriver avec leurs cagoules, leurs sacs à dos, leurs bâtons ou leurs pierres, sur les lieux si bien cernés, et très tôt, par la police, et avec des hélicoptères qui surveillent d’en haut…?

Le réveil citoyen pour franchir le cap

L’avenir n’est pas écrit, pas même dans le marc de café. La loi passera-t-elle ? Si oui, par la force ou par la menace ? La résistance citoyenne tiendra-t-elle ? Ira-t-elle jusqu’à mettre au point une organisation démocratique de l’économie et de sa politique ?

Mais repenser la société pour franchir le cap du changement de civilisation qui est en cours, demande d’abord beaucoup, beaucoup de réflexions et d’observations pour prendre conscience des réalités et des possibilités, et puis pour oser imaginer.

Même si notre mouvement pour la démocratie économique a, sans doute, un peu plus d’ancienneté que la plupart des autres, nous ne sommes heureusement pas les seuls à se lancer dans de tels efforts. Les réflexions qui émergent des mobilisations citoyennes qui se multiplient depuis quelques années, sont l’occasion, à ne pas manquer, d‘enrichir les nôtres, d’une façon ou d’une autre.

Le revenu garanti

L’une des propositions qui domine aujourd’hui est celle du revenu garanti, à laquelle nous avons consacré de très nombreux articles, au fil des années. Après avoir clairement expliqué pourquoi, nous écartons l’idée d’un revenu dont le montant ne permettrait pas d’échapper à l’emploi dans les conditions imposées par le patronat. La question essentielle devient alors : Comment financer un revenu suffisant ?

Par redistribution ?

L’idée la plus répandue est celle de REdistribution (à la différence de notre proposition de distribution directe).

Les Espagnols de la Renta Basica ont bien montré, chiffres à l’appui, que c’était tout à fait possible en n’augmentant que l’impôt sur les plus hauts revenus, sans supprimer les acquis de la sécurité sociale.

En France, l’idée qui rencontre le plus de succès est une autre REdistribution, cette fois par augmentation des cotisations sociales. Elle a été lancée par Bernard Friot sous le terme de salaire à vie, il l’a exposée dans son livre L’enjeu des retraites et nous l’avons présentée dans La Grande Relève N°1111, de juillet 2010, sous le titre Autre approche, même objectif. Pour la rappeler, voici comment un de nos abonnés, Jean Bourgeois, de Jemelle en Belgique, en fait l’éloge que je retranscris ici :

Le salaire à vie, vue de Jemelle

«Une sortie pacifique, sans révolution sanglante est possible politiquement. Le financement de la sécurité sociale depuis 1945 en est une parfaite illustration. Un système non seulement à défendre mais à étendre par la création d’une caisse économique pour financer tous les salaires et investissements directement via le PIB comme c’est déjà le cas aujourd’hui pour financer la caisse couvrant toute la sécurité sociale (retraite, chômage, santé). PIB alimenté par un système de cotisations prélevées sur les plus-values d’entreprises et par création monétaire si nécessaire.

La création monétaire par le pouvoir politique, seul garant de l’intérêt général s’impose.

Augmentation des salaires en passant par un salaire vital universel inconditionnel lié à une qualification personnelle au seul titre d’être humain avec droit de l’homme prioritaire qu’est celui de pouvoir exister, vivre dans la dignité, droit économique inclus dès l’âge de 18 ans, (majorité politique donc aussi économique). Salaire inconditionnel vital de base pouvant s’accroître en fonction de qualifications professionnelles éventuelles dans une fourchette à évaluer politiquement et à respecter strictement à partir d’une échelle allant de 1 à 6 ; de 1.500 euros mensuel avec un maximum de 6.000 euros à titre indicatif par exemple.

Augmentation annuelle des caisses sociales liées au PIB, unique source d’argent nécessaire à évaluer selon les populations à prendre en charge et à distribuer à partir de caisses mutualisées.

Financement exclusivement à partir du PIB donc sans intérêts ni remboursement.

Augmentation annuelle du taux de cotisation et des salaires hors “salaire à vie” pour alimenter les diverses caisses sociales déjà en place aujourd’hui et encore à créer avec diminution progressive du taux des dividendes jusqu’à extinction… pour sortir, insensiblement, petit à petit, de la propriété lucrative sacralisée, parasite économique au profit d’une seule propriété d’usage personnelle à vie pour tous.

Ce système déjà là en partie bien que dangereusement mis à mal par le néolibéralisme à l’offensive n’est ni la mort des entreprises, ni de la véritable propriété qu’est la propriété d’usage. Un bien acquis l’est pour la vie.

Plus d’impôts, taxes, redevances, plus de chômage, de retraite à financer par emprunt avec intérêts à rembourser par les générations à venir. (Solidarité intergénérationnelle) ou par cotisation individuelle hors solidarité, mutualisation qu’est la cotisation individuelle par point à la suédoise envisagée par les réformateurs proclamés abusivement “libéraux“, soi-disant défenseurs des libertés! Plus de “pouvoir d’achat” à revendiquer. Plus de ”force de travail à vendre” sur un marché du travail incertain, fabrique de chômage. Plus de nécessité de “revenu universel” forfaitaire financé sous le dictat des capitaux accumulés sur les marchés financiers internationaux. Société libérée apaisée sans tentation de recherche de profits financiers immédiats et maximaux et leurs dérives sociales de plus en plus violentes que nous connaissons et connaîtrons de plus en plus.

Salaire vital inconditionnel à vie ainsi conçu, chemin réaliste et crédible, déjà là pour partie, qui peut nous conduire pacifiquement à la réalisation plénière d’une économie distributive humaniste au bénéfice de tous».

*

Mise à part la référence au PIB, on a compris que le salaire à vie est un revenu assuré aux plus de 18 ans, qu’ils aient ou non un emploi, versé par l’État, qui le finance à partir d’une caisse alimentée par les cotisations sociales, et, si besoin, d’une rallonge par création monétaire. Le choix des mots souligne la double relation entre le salaire à vie et l’emploi : ces cotisations sociales sont proportionnelles aux salaires et le montant du salaire à vie est lié à la qualification professionnelle de celui qui le reçoit.

Une objection de fond

Notre objection essentielle porte sur cette double relation parce qu’elle entretient le culte de l’emploi, qui date du temps où l’école formait à un métier, qu’on exerçait ensuite pendant toute la vie dite “active”, au cours de laquelle l’expérience accumulée faisait progresser en qualification professionnelle, donc en salaire, donc en niveau de vie, jusqu’à la retraite, dont le montant dépendait du niveau dernier emploi. Cette vision politique était adaptée à l’ére industrielle. Mais il faut prendre conscience qu’au cours des dernières décennies, les conditions de travail ont complètement changé. Un exemple parmi tant d’autres : pour ma thèse, j’ai fait de gros calculs, sur un des plus puissants ordinateurs qui existaient alors, que je programmais en Fortran sur des centaines de fiches perforées. Aujourd’hui, c’est impensable ! Un enfant de dix ans est plus “qualifié” que moi pour jouer sur son smartphone ! Et qu’est-ce que ce sera demain à l’ére du tout numérique !

Donc ne raisonnons pas comme “dans le temps” !

Ce temps-là ne reviendra pas, ne soyons pas nostalgiques, c’est l’avenir qu’il faut bâtir !

La qualification a cessé d’être un critère durable, elle ne doit plus être la référence pour mesurer le droit d’avoir de quoi vivre. D’autant que l’activité d’un être humain ne se limite plus désormais à son emploi. Avec les techniques qui existent déjà, l’important n’est plus le savoir-faire acquis dans un domaine, il sera vite dépassé, c’est d’avoir assez de connaissances diversifiées, de souplesse et d’ouverture d’esprit pour être capable de changer d’activités, de s’adapter très vite à des nouvelles techniques. Au lieu de payer l’acquit qu’un être humain garde de son passé, il faut qu’il reçoive les moyens d’avoir un avenir, le meilleur possible. Au lieu de parler de salaire à vie, employer le terme de revenu social, c’est évoquer ce que la société peut et doit fournir à chacun de ses membres pour qu’il ait les moyens de développer sa personnalité, en ayant de multiples activités, et c’est reconnaître celles de ces diverses activités qui ne relèvent pas d’une qualification tarifée par le marché de l’emploi.

L’essentiel à défendre

L’emploi du terme salaire à vie a un effet rassurant qui séduit : il ne fait pas peur parce qu’il n’évoque pas un bouleversement aussi inimaginable que la sortie du capitalisme, il fait croire qu’il ne s’agit que d’une amélioration, que du simple prolongement de mesures qui existent déjà, les cotisations sociales. Puisque cette politique a été possible dans l’après-guerre, il suffirait d’y revenir.

Mais c’est une illusion ! Car toute REdistribution va à l’encontre de l’accumulation, qui est le fondement du système. Donc l’augmentation des cotisations sociales est aussi difficile à obtenir des capitalistes régnants que l’augmentation de l’impôt sur les plus hauts revenus. Alors, autant dire tout de suite où on veut en venir : arrêter la fuite en avant des inégalités, maintenir les protections que la société doit naturellement tous ses membres et qu’elle a aujourd’hui les moyens d’assurer, y compris à tous ceux dont le travail ne peut plus trouver acheteur.

C’est dire que salaire à vie ou revenu social ont en commun un objectif essentiel, au présent : avoir l’assurance, si on perd son emploi, de ne pas tout perdre avec, et de ne pas être contraint d’accepter n’importe quel autre et dans des conditions dégradantes. Cet accord étant clairement souligné, je me propose d’approfondir et d’aborder les divergences.

Quand commence la « vraie » vie ?

Le salaire à vie n’est pas garanti dès le début de la vie, mais à partir de ce qui est considéré comme le début de la “vraie vie”, parce qu’on devient “employable”. Ce qui confirme que le salaire à vie réduit l’être humain à l’emploi qu’il est capable d’occuper. Certes, si c’est pour éviter une démographie galopante, il peut être décidé que c’est aux parents de faire les frais d’entretien de leurs enfants…

…Mais à condition d’assurer que cette mesure n’empêche aucun enfant de pousser ses études aussi loin qu’il en est capable…

Cette question de l’éducation étant loin d’être un détail, parce qu’elle conditionne toute la vie sociale, il faut approfondir nos réserves à propos du salaire à vie.

Le but de l’éducation

Avec le revenu social d’une économie distributive nous défendons une organisation économique qui, parce qu’elle débarrasse la vie des adultes de l’obsession de “gagner” le plus possible, par un salaire ou par un profit, déplace la motivation de leurs activités.

Ce qui transforme donc aussi profondément l’orientation de l’éducation des enfants.

Aujourd’hui, l’école prépare les enfants aux emplois tels qu’on les prévoit, plus ou moins bien. Et les meilleurs élèves sont dirigés, si possible, vers les écoles les mieux équipées, celles qui mènent aux emplois “qui paient” le mieux.

Dans une économie libérée de ce souci de rentabilité, celui des éducateurs n’est plus d’armer les enfants pour qu’ils arrivent à “faire leur place”. Au lieu de leur mettre dans la tête qu’il faut “être compétitif”, ils peuvent leur montrer que chacun doit beaucoup aux autres et que la solidarité est bien plus efficace que la lutte permanente de tous contre tous !

L’enseignement peut alors s’attacher à développer non seulement les connaissances des enfants, mais aussi leur jugement et leur esprit critique, à penser librement.

On va leur apprendre … à apprendre !

Le but de l’enseignement devient celui d’aider chaque enfant à trouver sa voie, celle des activités qui conviennent le mieux à ses propres aspirations et à ses dispositions naturelles, en lui montrant toutes les possibilités ; jusqu’à l’amener à s’engager dans un premier “contrat civique”, qu’il ait, ou pas, ou plus, 18 ans. La durée de cette scolarité ne doit dépendre que de l’enfant, pas du nombre d’années pendant lesquelles ses parents sont prêts à payer son entretien. Et avec l’assurance d’un revenu social, il pourra changer de voie sans perte de revenu s’il souhaite “redémarrer” en s’engageant dans un domaine d’activité tout nouveau pour lui.

On voit qu’à l’idée d’un revenu social est associée celle d’un véritable projet de société.

Et ce n’est pas tout !

Si nous osons dire clairement qu’il s’agit de sortir de l’idéologie capitaliste, ce n’est pas seulement parce que nous avons compris que le salaire ne peut plus assurer à tous les moyens de vivre. C’est aussi parce que ce système économique entretient un autre culte que celui de l’emploi.

Quand on entrevoit ce que les nouvelles technologies vont permettre de faire, on comprend à quel point le maintien idéologique du culte de la liberté d’entreprise est devenu suicidaire pour l’humanité.

Il est donc au moins aussi urgent de le remettre en question que celui du salaire !

La liberté d’entreprendre

Parmi les louanges du capitalisme les plus souvent entendus, figure en bonne place le fait qu’il respecte la liberté d’entreprendre. Le mot liberté fait bon effet, ne pas respecter une liberté, c’est être autoritaire, bien sûr.

Mais cette apparence est encore un leurre.

Qui a aujourd’hui la liberté d’entreprendre ? La vérité est qu’il s’agit d’une liberté sous condition : avoir les moyens de créer son entreprise. Sinon vous, vous êtes obligé d’emprunter, ce qui vous soumet à des contraintes qui limitent sérieusement cette pseudo-liberté.

Les agriculteurs en savent quelque chose !

Dans une économie distributive, si vous avez besoin d’un financement, vous n’avez pas non plus la totale liberté d’entreprendre. Mais pour l’obtenir, il vous faut dire publiquement et clairement ce que vous voulez faire. Si c’est pour fabriquer des poisons ou mettre en danger les populations, celles-ci peuvent se défendre en ne vous attribuant pas ce financement. Mais si votre idée géniale est appréciée et jugée pas trop dangereuse, elle est financée sans que vous n’ayez ensuite rien à rembourser, ni d’intérêt à servir, juste à faire ce que vous vous êtes engagé à faire.

Alors qu’aujourd’hui, parce que c’est eux qui disposent des fortunes nécessaires, ce sont les investisseurs qui décident.

Et comme leur unique mission est de faire grossir ces fortunes, ils ne financent que ce qui leur paraît le plus rentable, sans aucune autre considération.

Dans ces conditions, savez-vous ce qu’ils préparent pour demain ? Non. Et vous leur faites confiance ? Sans vous douter à quel point il est devenu dangereux qu’aucun débat démocratique ne puisse intervenir au niveau des choix qui s’offrent pour l’ère du numérique, des nanotechnologies, de l’intelligence artificielle, de la maîtrise du cerveau…

Heureusement que nous ne sommes pas tout à fait seuls à nous en inquiéter.

Gerty Krzywkowski a signalé deux points de vue récemment exprimés sur ces questions :

Pour qui, pour quoi les nouvelles technologies ?

À son émission Terre à Terre du 7 mai, Ruth Stégassi a invité un couple parlant au nom de l’association Pièces et Main d’Œuvre. Ces deux personnes habitaient Grenoble, où elles ont observé, il y a 15 ans, une transformation de cette ville qui les a alertés. Cherchant à comprendre ce qui se passait elles ont entrepris de mener leur enquête, tout simplement en stockant les “brèves” du Dauphiné Libéré, en suivant les conférences de “vulgarisation” «qui fabriquent l’opinion» et commentent : «Ce n’était pas difficile à comprendre, on n’est pas des espions, 99% des informations sont dans le domaine public» mais il faut aller les chercher pour «soulever le voile de l’indifférence. Pour nous, c’est ça la politique : on a pris au mot “agir local, penser global”». En 2009, elles disposaient d’un gros dossier sur les entreprises du technopole de la région consacrées aux nanotechnologies, et leur financement. L’une d’elles a reçu plus de 3 milliards d’euros, dont 500 millions publics. «On a découvert que les slogans “moderne” et “innovant” désignent des plans qui ne tombent pas du ciel, ils sont planifiés et bien financés. On a découvert le capitalisme technologique : c’est la guerre entre ceux qui ont le pouvoir et les sanspouvoir». Voici, pris au vol, quelques autres de leurs commentaires :

«Ces techniques ont déjà modifié nos cerveaux. L’automatisation a pulvérisé la capacité de négociation des travailleurs. Il y a un consensus droite-gauche sur la Croissance et dans cet esprit, un revenu garanti serait confier les bouches inutiles des esclaves à la charité de l’élite techno-capitaliste. C’est ça, le projet transhumaniste : faire deux groupes dans l’humanité, l’élite et une sous-espèce, celle des “chimpanzés du futur”. La transhumanité s’installe grâce à la fusion de la science et du capital. Les nouvelles technologies vont vers la fabrication très concrète d’hybrides, vers un marché qui sort de la santé. Contrairement à la confusion qui est entretenue entre progrès technique et progrès social, qui par ces financements privés et massifs, s’opposent. Le progrès technique permet aux dominants d’être encore plus puissants. C’est une régression… Comment sortir de ce piège ?- Prendre conscience. Sortir de la torpeur. La première des autonomies est celle de la pensée. Mettre les idées en circulation. Mais hélas, les imaginaires sont saturés !»

Comment ne pas devenir fou ?

Leur conclusion : «L’école de la troisième république donnait au moins le moyen de parler !» rejoint le point de vue du philosophe Bernard Stiegler, exposé dans un entretien publié par Télérama, fin avril.

Ce qu’il nomme la “disruption” c’est ce qui s’est passé quand le web, le réseau internet, a été mis à profit. Il est devenu une industrie, essentiellement américaine. Cette mise en réseau mondial des individus a bouleversé la face du monde parce qu’elle a cassé tous les systèmes sociaux, la famille, l’éducation, le droit, le savoir, le langage, etc. Cette disruption a produit des vides juridique, politique, économique. Il s’agit d’une stratégie enseignée à Harvard et théorisée par des publicitaires. La base des activités de la Silicon Valley est un marketing stratégique : «Avec des plateformes comme Uber, le but est de prendre de vitesse les puissances publiques pour leur imposer des modèles qui disruptent, qui détruisent les régulations élaborées par la politique. Il est urgent de changer de système». Xavier de Jarcy, qui a réalisé l’entretien, commente : «Pour lui, le système économique actuel détruit la transmission des savoirs et nous conduit vers une nouvelle barbarie.» Avec le numérique, les connaissances humaines ont été captées par quelques entreprises de taille mondiale alors que le savoir doit être partagé entre tous. Parce que «nous ne sommes pas des animaux… Nous évaluons notre vie à partir de l’effet que nous produisons sur les autres… Nous ne sommes, à la naissance, qu’une promesse et nous avons besoin de tenir nos promesses en existant devant les autres… parce que c’est la reconnaissance des autres qui nous donne le sentiment d’exister… Le capitalisme… a conduit à la destruction de tous ces circuits de transmission. Et à leur prise de contrôle, hier par les médias de masse, aujourd’hui par les réseaux sociaux, demain par l’intelligence artificielle». Alors que les êtres vivants combattent l’uniformité, le web l’augmente : en diminuant la diversité sémantique et la compétence orthographique, en standardisant les langages. C’est affaiblir l’intelligence humaine…

Et il conclut : pour développer les capabilités, il faut repenser l’économie dans son ensemble, augmenter le bien-être collectif par d’autres voies que la consommation.

MARIE-LOUISE DUBOIN

 


SOURCE @ http://www.revenudebase.info/2017/01/18/salaire-a-vie-revenu-social/

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  • L’ère de la pensée unique 25 février 2017
    A l’heure de la post vérité, des fake news, de l’élection de Trump, du décodex et d’autres initiatives prises pour réguler ces phénomènes, il nous a semblé nécessaire de réaliser cette vidéo afin de vous donner une autre analyse de ces phénomènes. Car les dérives potentielles de ces initiatives sont inquiétantes et nécessitent donc que […]
    Stéphane
  • Les médias créent le réel 15 janvier 2017
    Avant de commencer la lecture de cet article, nous vous invitons à regarder la carte des propriétaires des médias réalisée par ACRIMED La fabrique du réel En 1988, Noam Chomsky et Edward Herman publiaient le livre « la fabrique du consentement ». Ce livre proposait une grille d’analyse des méthodes de propagandes des médias de masse et […]
    Stéphane
  • Vers l’écolieu, pour une solidarité forte et des alternatives concrètes. 3 janvier 2017
    Vers l’écolieu rassemble une cinquantaine de membres entre 20 et 75 ans qui ont envie de quitter l’île de France pour créer une vie qui leur correspond mieux, probablement un peu plus au vert, tout en gagnant en vie sociale. On nous a parlé des colocs entre étudiants et étudiantes, de l’habitat partagé entre trentenaires […]
    Stéphane
  • Méditerranée : une mer assassinée 12 décembre 2016
    Avant toute chose, nous tenons à remercier Philippe Vergnes pour le travail d’investigateur et de lanceur d’alerte qu’il a fourni en publiant son livre « Méditerannée (Mare Nostrum) une mer assassinée » aux éditions Bookelis. Vous trouverez ci dessous un résumé qui vous donnera un léger aperçu de la problématique soulevée dans ce livre et un point […]
    Stéphane
  • Manipulation par la langue en politique – Linguisticae 6 décembre 2016
             Dans ce documentaire, vous  découvrirez les rouages de la manipulation par la langue en politique ! Un sujet que nous connaissons que trop bien. En effet, nous considérons, quasiment tous, être au courant de ces stratégies de communication ayant pour seul objectif d’obtenir nos « votes » à certaines élections ou encore nos « adhésions » à certaines […]
    Stéphane
  • ePrivacy : une étape cruciale pour la vie privée 13 juin 2017
    Paris, 13 juin 2017 — Le mois de juin sera décisif pour le futur de notre vie privée et la confidentialité de nos communications électroniques. Actuellement en débat au Parlement européen, le futur règlement « ePrivacy » divise et réveille de désagréables souvenirs du temps des négociations du Règlement général sur la protection des données […]
    neurone648
  • Sous le capot: votez pour une infrastructure télécoms décentralisée! 12 juin 2017
    Paris, 13 juin 2017 — La nature décentralisée d'Internet est en jeu avec les négociations sur le code européen des communications électroniques. La Quadrature du Net publie ses premières listes de vote sur les amendements qui ont été déposés au Parlement européen1 et soutient les fiches d'informations (pdf) élaborées par netCommons. Comme prévu, le lobbying […]
    neurone130
  • Directive copyright : le Parlement européen sous la menace des lobbies et des manoeuvres françaises 6 juin 2017
    Paris, le 6 juin 2017 —  Alors que toutes les commissions concernées au Parlement européen ont rendu leurs avis sur la proposition de directive sur la réforme du droit d'auteur, la situation est plus que complexe : les rapports constructifs des différentes commissions ont été pilonnés à la fois par la Commission européenne, mécontente de voir ses dispositions […]
    neurone259
  • Neutralité du Net : un an après, un bilan gris foncé 31 mai 2017
    Paris, le 31 mai 2017 — A l'occasion du premier anniversaire de l'adoption du règlement sur l'internet ouvert qui régit notamment les aspects liés à la neutralité du Net, et tandis que l'ARCEP sort son premier rapport sur l'état de l'Internet, nous dressons ci-dessous un bilan assez mitigé de sa mise en œuvre en France […]
    neurone1000
  • Appel à la non prorogation de l'état d'urgence : lettre au Président de la République 24 mai 2017
    Paris, 24 mai 2017 — À l'issue du conseil de Défense tenu ce mercredi matin, le Président de la République a annoncé qu'il demanderait au Parlement la prolongation de l'état d'urgence jusqu'au 1er novembre 2017, ainsi que la discussion d'une nouvelle loi pour lutter contre le terrorisme. La veille de cette réunion, nous, associations de […]
    neurone259
  • Lettre ouverte aux institutions européennes : WIFI4EU doit promouvoir la diversité, le local et les droits humains 22 mai 2017
    Paris, le 22 mai 2017 — Alors que le Conseil de l'Union européenne et la Commission européenne entrent dans la phase obscure des trilogues pour le projet de réglement WIFI4EU, les réseaux associatifs européens ainsi que la communauté du wifi-ouvert veulent leur rappeler l'importance d'inclure tous les acteurs dans le développement de la connectivité locale. […]
    neurone130
  • Présidentielles 2017 : changer de méthode pour changer de cap 20 avril 2017
    Paris, 21 avril 2017 — La campagne électorale française donne peu de satisfaction depuis des mois. Entre affaires, discours sécuritaire et coups bas, la politique au sens noble du terme a peu de place, les propositions positives sont quasiment absentes. Dans sa volonté d'action positive et de long terme, La Quadrature du Net s'associe avec […]
    neurone259
  • Youtube : invisibilisation au profit de la publicité 5 avril 2017
    La Quadrature du Net publie ici une tribune de Okhin. Paris, 5 avril 2017 — Les plateformes de vidéos en ligne (Youtube et Facebook en tête) supplantent maintenant la télévision en nombre d'audiences, rendant ces médias extrêmement importants dans la représentation de la société qu'ils fournissent. Elles constituent un espace public d'expression, régi par des […]
    neurone130
  • État d'urgence : lettre à Bernard Cazeneuve pour une transparence des données 31 mars 2017
    Paris, 31 mars 2017 — L'état d'urgence est instauré en France depuis le 14 novembre 2015, soit 503 jours. Mais ses effets ne sont pas connus du public, notamment parce que les promesses de transparence qui avaient été faites il y a un an et demi n'ont pas été respectées. Le Parlement a certes effectué […]
    neurone259
  • Le pouvoir des mots 22 juin 2017
    La puissance des mots n’est pas une vague idée de fils de pub. Mais ils usent et abusent pourtant de ce qui est une arme puissante. Les mots permettent d’exprimer la pensée. Si cette pensée […]
    Antoine Champagne - kitetoa
  • Un homme armé dans un spectacle d’enfants ? Normal… 21 juin 2017
    Un flic armé, en civil, dans un spectacle de danse d’enfants en bas âge couvés du regard par leurs parents admiratifs ? C’est tout à fait possible et c’est même très bien comme ça. C’est […]
    Antoine Champagne - kitetoa
  • Fabriquer de l’Internet, c’est faire de la politique 19 juin 2017
    « Les gens savent maintenant que l’économie c’est de la politique » : cette phrase, tirée de la conférence et de l’interview d’un hacktiviste, Lunar — que vous pouvez entendre dans la dernière du Pistolet et la […]
    drapher
  • Guerre psychologique électorale et big data : un business florissant 14 juin 2017
    Les méthodes des agences de renseignements tout comme celles des centres de commandement militaire ont évolué. Des outils logiciels — d’analyse et d’influence en ligne — ont été développés par ces organismes d’Etat, [ou ont […]
    drapher
  • Faire de la politique autrement, ou pas… 13 juin 2017
    C’était un peu son argument massue de campagne. Emmanuel Macron allait faire table rase du passé et faire de la politique autrement. Jusqu’ici, c’est assez réussi. Si l’on en croit la majorité de la presse […]
    Antoine Champagne - kitetoa
  • En Marche pour l’Etat d’urgence permanent ! 8 juin 2017
    En Marche ! est un parti formidable, qui change la pratique politique, renouvelle les élus, et nous inspire les plus vifs espoirs, comme il se doit. L’espoir c’est de voir notre vieille démocratie se réformer, se […]
    drapher
  • Le jour du début [global zero day] (End Of File) 8 juin 2017
    *   *   * L’assemblée était parfaitement silencieuse. Les regards allaient du désarroi à l’incrédulité, en passant par l’amusement. Les équipes des meilleurs agents d’Interpol ne savaient visiblement pas quoi faire des informations que Jonas […]
    drapher
  • Le Pistolet et La Pioche S01E02 : « Informatique ou libertés ? » 7 juin 2017
    Le Pistolet et La Pioche s’est rendu à une conférence gesticulée du doux nom d' »Informatique ou Libertés ? » proposée et jouée par Lunar, hacktiviste notoire de la scène libriste de défense des libertés sur Internet. […]
    drapher
  • Nous sommes des paysans de l’Internet : achevez-nous… ou sauvez-nous ! 6 juin 2017
    Je lis tous ces commentaires et analyses négatives sur notre passage au payant. Je repense à la conférence gesticulée « Informatique ou Libertés » (@Informatique_ou_libertes@mamot.fr) de Lunar (@lunar@mastodon.potager.org) de ce samedi soir que je suis en train […]
    drapher
  • « Cette langue n'a pas d'équivalent, c'est une langue qui me bouleverse, elle parle du fin fond des âges » 22 juin 2017
    La surdité ne devrait-elle pas être perçue comme une différence, plutôt que comme un handicap ? Comment comprendre ce monde bien plus expressif que nous ne souhaitons pas voir ni entendre ? Les luttes des Sourds sont peu relayées : peu d'articles de presse, rarement un reportage télévisé, pas un bruit. Le documentaire « J'avancerai […]
    Les lucioles du doc
  • Sur les océans, comment les marins subissent de plein fouet les vagues de la dérégulation 22 juin 2017
    « Loin des yeux, loin du cœur. » Sur des cargos ou porte-conteneurs géants perdus au milieu des océans, les gens de mer sont les premières victimes d'une mondialisation sans visage qui, toujours au nom de la concurrence, rabaisse les coûts sociaux à tout prix. Les entreprises françaises ne sont pas exclues de ces pratiques […]
    Delphine Bauer
  • Accusée d'exploiter ses salariés, la grande enseigne Primark a-t-elle changé ses pratiques ? 21 juin 2017
    En octobre 2016, le magazine Boutique2Mode publiait une enquête sur Primark, le troisième distributeur mondial de textile, qui avait débarqué en France tambour battant. Reproduit sur Basta !, l'article révélait des méthodes de management hyper-agressives, violant les droits des salariés, poussant ces derniers à bout. Depuis, « rien n'a changé », raconte le journaliste Laurent […]
    Laurent Maurel
  • L'Union syndicale Solidaires publie une carte des suicides 20 juin 2017
    « Rendre visible les suicides liés au travail » : c'est l'objectif de la carte réalisée par l'union syndicale Solidaires. Après les suicides le 7 mars d'une infirmière à l'hôpital Cochin et d'un cheminot le 10 mars à la gare St Lazare, Solidaires a décidé de recenser les suicides au travail et de les rendre […]
    Nolwenn Weiler
  • « Nuit Debout était une belle expérience, d'intelligence et de construction collective » 20 juin 2017
    Qu'est-ce qu'être de gauche selon vous ? Y a-t-il encore du sens à se dire de gauche alors que les partis qui l'incarnent sont très minoritaires à l'Assemblée ? Comment voit-on la gauche du futur ? Quelles sont ses valeurs, ses idées, ses projets, ses défis ? #imagineLaGauche, c'est la série lancée par Basta !, […]
    Rachel Knaebel
  • La France va-t-elle suivre le modèle allemand et transformer ses chômeurs en travailleurs pauvres ? 20 juin 2017
    Après les lois Macron, Rebsamen et El-Khomri sous le précédent quinquennat, le gouvernement d'Edouard Philippe prépare une réforme encore plus profonde du droit du travail, précédant une remise à plat de l'assurance chômage. Ce big bang annoncé a un modèle : les réformes « Hartz », engagées en Allemagne au début des années 2000, aujourd'hui […]
    Rachel Knaebel
  • Une Assemblée rajeunie, féminisée mais qui oublie les ouvriers 19 juin 2017
    La nouvelle Assemblée s'est fortement renouvelée. Elle est un peu plus jeune que la précédente, et la proportion de femmes continue de progresser, même si la parité est encore éloignée. Mais ce renouvellement ne concerne pas tout le monde : les catégories populaires y sont faiblement représentées et les ouvriers totalement absents. Un problème de […]
    Ivan du Roy
  • Front social : la carte des mobilisations du 19 juin 19 juin 2017
    Au lendemain du deuxième tour des élections législatives, marquée par une abstention record et la majorité absolue accordée à La République en marche, des mobilisations sociales sont prévues dans plusieurs grandes villes ce 19 juin. A l'initiative de cet appel : le « Front social », une coordination composée de syndicats, associations, collectifs ou médias […]
    Collectif
  • A Marseille, les dessous bien peu reluisants du nouveau tourisme portuaire 16 juin 2017
    Désormais premier port de croisière français et vingtième mondial, Marseille se frotte les mains. Il faut dire que la municipalité, depuis vingt ans, n'a pas ménagé ses efforts pour transformer l'ancien port industriel en destination privilégiée des touristes du monde entier. Les immenses navires, gorgés de passagers, se bousculent désormais aux portillons de ses nouvelles […]
    Jean-Baptiste Bernard (CQFD)
  • « Non, tous les designers ne bossent pas pour rendre les gens accros ! » – Entretien avec Geoffrey Dorne 15 juin 2017
    Pour Geoffrey Dorne, le monde du design serviciel recherche bien trop souvent des usages pour rendre dépendant. Tout l’inverse de.. The post « Non, tous les designers ne bossent pas pour rendre les gens accros ! » – Entretien avec Geoffrey Dorne appeared first on OuiShare FR - Itinéraires pour une Société Collaborative by Samuel […]
    Samuel Roumeau
  • OuiShare Fest : Villes de tous les pays, unissez-vous ! – Vaste programme ! 6 juin 2017
    Pour sa cinquième édition, le OuiShare Fest, qui se tiendra du 5 au 7 juillet prochains aux Magasins Généraux à.. The post OuiShare Fest : Villes de tous les pays, unissez-vous ! – Vaste programme ! appeared first on OuiShare FR - Itinéraires pour une Société Collaborative by Arthur De Grave.
    Arthur De Grave
  • La démocratie ne va pas se faire toute seule, alors bougeons! 29 mai 2017
    La démocratie inspirée des schémas de pensée du 20ème siècle bat de l’aile, et le semblant de participation qu’institue le.. The post La démocratie ne va pas se faire toute seule, alors bougeons! appeared first on OuiShare FR - Itinéraires pour une Société Collaborative by OuiShare.
    OuiShare
  • Nous citoyens, créons des espaces du « libres ensemble » dans la ville 18 mai 2017
    Démocratie participative, hacking urbain, tiers-lieux, numérique… Les citoyens ont désormais entre leurs mains de nouveaux outils, comme autant de baguettes.. The post Nous citoyens, créons des espaces du « libres ensemble » dans la ville appeared first on OuiShare FR - Itinéraires pour une Société Collaborative by Céline Beaufils.
    Céline Beaufils
  • Entrepreneurs urbains : le OuiShare Fest vous veut du bien! 17 mai 2017
    Pour sa 5ème édition, le OuiShare Fest 2017 appelle les entrepreneurs d’Ile-de-France et de Navarre à se jeter dans son.. The post Entrepreneurs urbains : le OuiShare Fest vous veut du bien! appeared first on OuiShare FR - Itinéraires pour une Société Collaborative by OuiShare.
    OuiShare
  • L’innovation ouverte va dévorer la mobilité – Entretien avec Gabriel Plassat 9 mai 2017
    Grand architecte de la Fabrique des Mobilités, Gabriel Plassat est l’un des visionnaires et personnalités incontournables de la mobilité en.. The post L’innovation ouverte va dévorer la mobilité – Entretien avec Gabriel Plassat appeared first on OuiShare FR - Itinéraires pour une Société Collaborative by Paul Richardet.
    Paul Richardet
  • Maire de toutes les transitions – Entretien avec Johanna Rolland 25 avril 2017
    Depuis son élection à la tête de la sixième ville de France en 2014, elle a fait du collaboratif, de.. The post Maire de toutes les transitions – Entretien avec Johanna Rolland appeared first on OuiShare FR - Itinéraires pour une Société Collaborative by Côme Bastin.
    Côme Bastin
  • Bastions, barons, bobos, la ville ouverte aura votre peau ! 21 avril 2017
    Vous êtes devant votre écran, c’est la première fois que vous faites cette démarche-là sur le site internet de votre.. The post Bastions, barons, bobos, la ville ouverte aura votre peau ! appeared first on OuiShare FR - Itinéraires pour une Société Collaborative by vincentlaurent.
    vincentlaurent
  • Darwin : un nouveau récit pour la ville – Entretien avec Jean Marc Gancille 30 mars 2017
    Bénéficiant d’une Autorisation d’Occupation Temporaire au sein de l’espace Darwin à Bordeaux, 40 structures associatives sont désormais priées de plier.. The post Darwin : un nouveau récit pour la ville – Entretien avec Jean Marc Gancille appeared first on OuiShare FR - Itinéraires pour une Société Collaborative by Samuel Roumeau.
    Samuel Roumeau
Welcome , today is vendredi, 23 juin 2017