Donal Trump, via Wikipedia

Donald Trump par Michael Vadon (CC-BY)

Voilà, Donald Trump a gagné l’élection présidentielle américaine. Le monde est sous le choc et certains se ravissent. Il est encore trop tôt pour mesurer les conséquences de cet événement, mais il y a déjà une leçon à retenir : quand on donne à quelqu’un en qui on a confiance des pouvoirs extraordinaires, comme la possibilité de faire de la surveillance de masse ou ficher les gens, il faut se souvenir qu’on les donne aussi à son successeur[1].

Le 20 janvier 2017, Donald Trump sera aux commandes de l’Amérique, celle de la NSA, institution qui dont le cœur de métier est la surveillance de masse[2]. Il s’est fait remarquer dans sa campagne par ses prises de positions tranchées contre certaines minorités (de race, de genre ou de croyance religieuse). En ce qui concerne la technologie, Trump a promis la censure d’Internet et de s’attaquer à ceux qui protègent la vie privée de leurs utilisateur.

En France, Bernard Cazeneuve a passé en douce, pendant le week-end de la Toussaint, sans prévenir la secrétaire d’État au numérique, un décret visant la création du TES, un mégafichier biométrique de 60 millions de français. L’année dernière, c’était la loi Renseignement qui était passée, autorisant la surveillance de masse d’Internet et des communications mobiles.

En 2016, on ne peut pas raisonnablement considérer le président en place comme un fou sanguinaire voulant discriminer les gens par leur race, leur genre, leur religion ou leur orientation sexuelle.

Mais en 2017 ? En 2022 ? La surveillance de masse et le fichage des citoyens seront bien en place, bien huilés. Que voudra faire le/la futur(e) président(e) de la République avec ces outils à l’énorme potentiel répressif ?

Et d’ici là, qu’aurons-nous fait, nous informaticiens, citoyens et consommateurs, pour empêcher le dérapage de notre société vers plus de flicage et de surveillance ?


Notes

[1] Cory Doctorow: When you build mass surveillance, you don’t just put power in the hands of those you trust, but also the next guy.

[2] En prime, il aura aussi les codes nucléaires..